Sommaire

La préhistoire

Le lac d'Annecy possède plusieurs exemples de cités lacustres, villages préhistoriques du Néolithique et de l'âge du Bronze final. Certains sont connus depuis 1856 et d'autres ont été révélés par les recherches récentes du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Ministère de la Culture). On en a sur le territoire d'Annecy au bord du Thiou et tout autour du lac (Sevrier, Saint-Jorioz, Talloires, Annecy-le-Vieux, ...).

Le niveau du lac était plus bas à l'époque et les pilotis que l'on a retouvés (notamment non loin de l'île aux Cygnes) étaient des pieux enfoncés dans le sol servant d'armature verticale aux cabanes. Cette hypothèse a été confirmée par la découverte à Sevrier d'un four de potier encore en place au fond du lac.

Ces vestiges montrent que des populations occupaient déjà le bord du lac depuis le début du néolithique. Dès -5600 des chasseurs-cueilleurs sont présents, puis entre -4000 et -900 avant JC il s'agissait de cultivateurs, de pêcheurs, d'artisans bronziers et de potiers. Une salle entière du Musée-Château d'Annecy leur est consacrée.

L'Antiquité

Les tribus gauloises Allobroges occupèrent très tôt les pré-Alpes des pays de Savoie, les rives des grands lacs et les montagnes, certainement dès le début du IVème siècle avant JC et peut-être même avant. Ces guerriers ont laissé assez peu de témoignages de leur présence, cependant, ils eurent très vite des contacts commerciaux avec les territoires du Piémont.

En 218 avant JC, à l'occasion du passage des Alpes par l'armée d'Hannibal, Polybe puis Tite-Live évoquent pour la première fois le peuple des Allobroges. En 121 avant JC, les Allobroges perdent la bataille contre le Consul Fabius Maximus « allobrogique ». Puis, malgré une forte résistance et des rébellions contre les lourds impôts romains, les Allobroges sont définitivement battus par les légions romaines, en 62 avant JC, ouvrant leurs terres à la colonisation romaine, et offrant le stratégique contrôle du passage nord des Alpes.

Après leur victoire, les Romains s'installent à partir de -50 sur la rive nord du lac d'Annecy, dans la plaine des Fins, et fondent le Vicus de Boutae ou Bautas (la « cité des boeufs », future Annecy). À cette même époque, un propriétaire romain du nom d'Annicius avait une villa baptisée Anniciaca, située sur le coteau en contrebas du Mont Veyrier à l'emplacement actuel d'Annecy-le-Vieux.

Entre le IIème et le Vème siècle, l'agglomération de Boutae regroupe près de 2 000 habitants ce qui était considérable pour l'époque. Le vicus disposait d'un forum, d'une basilique, de thermes, d'un théâtre, et de divers entrepôts de marchandises. La cité occupait une position stratégique au carrefour de trois voies romaines, dont la voie impériale menant au col du Petit Saint-Bernard qui reliait la Gaule et l'Italie, voie attestée par l'Itinéraire d'Antonin : « A Mediolano per Alpes Graias, Argentorato..., Darantasia (Moutiers), Casuaria (Faverges), Bautas (Annecy), Genaua... ». Elle était aussi non loin de l'axe stratégique permettant de relier Genève avec Lyon et Vienne.

L'affaiblissement de l'empire romain voit déferler à travers la Gaule de nombreux peuples barbares. Les nombreuses attaques et incendies, les pillages et les tueries sonnent le glas de la cité romaine de Boutae. En 259, le Vicus subit une importante attaque, il est rasé et la population est massacrée. Les survivants se réfugient dans les grottes du Mont-Veyrier, la paix revenue, certains finissent par abandonner la ville pour se réfugier sur les collines voisines, en particulier sur le site de la villa « Anniciaca » (Annecy-le-Vieux). Le nom d'Annecy (villa d'Aniciaca) apparaît dans les écrits pour la première fois en 872.

Les Burgondes occupèrent aussi un certain temps la région et laissèrent de nombreux témoignages archéologiques, mais les trop nombreuses attaques, incendies, pillages et tueries, sonnèrent le glas pour la cité romaine du Vicus de Boutae, et au VIème siècle la population finit par complètement abandonner la ville.

Le Moyen-Age

Il faudra attendre le XIIème siècle pour voir la ville renaître et se développer autour de son château. Un texte de 1107 confirme la naissance d'Annecy-le-Neuf sur les rives du Thiou. La première église Saint-Maurice marque le point de départ du nouveau village. Le château commence aussi à être construit à cette époque.

La cité nouvelle se développe le long du Thiou entre le château et l'église. Elle a alors l'apparence d'un gros bourg avec de nombreuses étables, mais dispose de nombreux atouts : le lac pour la pêche et la navigation, la vaste forêt du Semnoz pour le bois et la chasse, le canal du Thiou avec ses moulins et ses nombreux artisans, la fertile plaine des Fins pour l'agriculture.

En lutte permanente avec les évêques de Genève, les comtes de Genève finissent par se réfugier à Annecy où ils occupent le manoir de Novel au fond de la plaine des Fins.

Ancienne lithographie nommée "La Plaisante Ville
et le Chasteau d'Anissi en Savoie"

Le XIVème siècle est marqué par le long règne du comte Amédée III de 1320 à 1367, dont sa femme, la comtesse Mahaut de Boulogne, donnera naissance au château d'Annecy au dernier des comtes de Genève, Clément, qui provoquera le Grand Schisme d'Occident en devenant l'antipape Clément VII en résidence à Avignon.

Après le décès de Clément VII en 1394, le comté de Genève est vendu en 1401 au comte de Savoie Amédée VIII, qui deviendra lui même antipape sous le nom de Félix V. Ce fut un souverain d'une grande sagesse. Pour se rallier les habitants de son nouveau comté qui ne voyaient pas d'un bon oeil leur rattachement à la Maison de Savoie, il créé en 1444 un apanage qu'il confie à un membre de sa famille et lui assure une grande autonomie. L'apanage d'Annecy regroupe les possessions que la Maison de Savoie avait dans le Genevois, le Faucigny et le Beaufortain. Cet apanage durera jusqu'au XVIIème siècle.

Amédée VIII n'hésite pas non plus à aider la ville d'Annecy à se reconstruire après le terrible incendie de 1412 qui la détruisit entièrement et pendant lequel même le château est touché par le feu. En 1420, le cardinal de Brogny, originaire du comté, fait construire la grande église Saint-Dominique qui deviendra l'église Saint-Maurice actuelle après la Révolution.

La Renaissance

L'influence religieuse était très importante à Annecy qui comptait une bonne douzaine de couvents. La moitié de la ville était aux mains des ordres religieux qui possédaient non seulement les églises et les couvents mais aussi des ateliers, des moulins et de vastes terres et forêts.

Au XVIème siècle, lors du triomphe de la réforme calviniste à Genève les catholiques fidèles se réfugient à Annecy. À partir de 1535, la ville accueille l'évêché et les ordres religieux catholiques. À cette époque, une série de beaux monuments sont construits comme le Logis de Nemours, la cathédrale Saint-Pierre, la Maison Lambert, et le clocher de l'église Notre-Dame de Liesse ...

Le monastère de la Visitation à Annecy

En 1602, François de Sales devient évêque d'Annecy. C'est un enfant du pays qui va marquer de façon durable la ville et toute la région grâce à son prestige intellectuel et spirituel, et va inspirer tout un renouveau religieux et culturel dynamique, connu sous le terme de Contre-Réforme. Annecy devient la « Rome des Alpes ».

Les idées de la Révolution étaient connues et répandues, parmi les bourgeois et les ouvriers d'Annecy, grâce aux nombreux savoyards qui vivaient et travaillaient à Paris, sans oublier les écrits des Genevois Voltaire et Jean-Jacques Rousseau.

Dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792, les troupes françaises du général Montesquiou envahissent pas surprise le duché de Savoie, obligeant l'armée savoyarde, le roi et de nombreux fonctionnaires et membres du clergé à se réfugier au Piémont. Fin octobre, l'Assemblée des Allobroges, réunie dans la cathédrale de Chambéry déclare la fin du despotisme, la suppression des corvées et de la gabelle, la fin de la milice et la création du département du Mont-Blanc. Les Anneciens deviennent Français pour 23 ans.

L'accueil fait aux troupes françaises a été de prime abord plutôt enthousiaste, car le duc de Savoie avait pris la fuite et les habitants avaient le réel sentiment d'être libérés. Cependant la mobilisation en masse des hommes, la fuite des édiles de la noblesse et du clergé, réfugiés au Piémont, et la politique antireligieuse des représentants de la Révolution, finirent par exaspérer et mener la population à se révolter. En revanche, durant cette période, les importants marchés de France étaient ouverts, et ainsi de nombreuses fabriques s'installèrent au bord du Thiou, pour profiter de la force hydraulique et du savoir-faire industriel des annéciens.

Le XIXème siècle

A la fin de l'Empire, la Savoie est rendue au royaume de Piémont-Sardaigne, choyée par le régime Sarde, Annecy en pleine expansion se modernise. En 1860, sous Napoléon III, le comté de Savoie retourne à la France lors de l'Annexion ratifiée par le plébiscite populaire. Annecy doit de nouveau faire face à une période de réadaptation. La ville, rencognée à un bout de la France, se retrouve avec une industrie locale non concurrentielle et un commerce grevé de lourds frais de transports. Mais heureusement, une nouvelle activité prometteuse naît : le tourisme ...

La place de l'Hôtel de Ville d'Annecy inaugurée en 1858

En 1866, le train à vapeur arrive enfin à Annecy et permet au tourisme de prendre son essor. En 1895, création du Syndicat d'Initiative qui organisera de nombreux événements régionaux et internationaux.

En 1906, Annecy est éclairée à l'électricité grâce à la centrale hydroélectrique des Forces du Fier. La dynamique industrielle et touristique du début du XXème siècle est liée à au moins cinq noms : Aussedat, Barut, Crolard, Dunant et Laydernier. A partir de 1936, grâce aux congés payés, les classes populaires peuvent elles aussi venir découvrir la ville, son lac et ses montagnes ...

Aujourd'hui, les Annéciens sont fiers de leur ville attrayante, à la renommée internationale, qui a su tirer parti de son patrimoine historique laborieux et mettre en valeur ce lac si joli dans son écrin de montagnes verdoyantes.

Les personnalités

Annecy, et son agglomération proche, ont connu tout au long de l'histoire des personnalités, hommes ou femmes, qui ont marqué particulièrement la ville et son époque, politiquement, culturellement ou économiquement :

Clément VII (Robert de Genève)
(1342-1394), antipape

Cardinal de Brogny (Jean Allarmet)
(1342-1426), homme d'Église, juriste, vice-chancelier de l'Église catholique, légat du pape, président du concile de Constance. (Une avenue porte son nom)

Amédée VIII le Pacifique
(1391-1440), duc de Savoie, bienfaiteur d'Annecy, également antipape sous le nom de Félix V

Eustache Chappuis
(1499-1556), homme d'Église, diplomate de l'empereur Charles Quint. (Un quai porte son nom)

Antoine Favre
(1557-1624), juriste, magistrat, poète, lettré, fondateur de l'Académie florimontane, président du Sénat de Savoie. (Une avenue porte son nom)

Saint François de Sales
(1567-1622), avocat, homme d'Église, prédicateur, artisan de la Contre-Réforme, co-fondateur de l'Ordre de la Visitation, écrivain, fondateur de l'Académie florimontane. (Une église et une rue portent son nom)

Sainte Jeanne de Chantal
(1572-1641), mère de famille, co-fondatrice de l'ordre de la Visitation

Claude Favre de Vaugelas
(1585-1650), lettré, académicien français, responsable du dictionnaire, auteur de la première grammaire française. (Une avenue porte son nom)

Jean-Jacques Rousseau
(1712-1778), écrivain, philosophe. (Une avenue porte son nom)

Claude-Louis Berthollet
(1748-1822), chimiste, savant, fondateur de l'École polytechnique, membre de l'Académie des sciences. (Une avenue et un lycée portent son nom)

César Balleydier
(1762-1805), officier napoléonien

Antoine Paccard
(1770-1830), entrepreneur, fondeur de cloches

Pierre Decouz
(1775-1814), baron de l'Empire. (Un boulevard porte son nom)

Joseph-Marie et Jean Balleydier
(1777-1857 et 1779-?), maîtres de forges

Eugène Sue
(1804-1857), écrivain et journaliste

Sadi Carnot
(1837-1894), ingénieur, homme politique, président de la République française. (Une rue porte son nom)

Gabriel Fauré
(1845-1924), musicien, auteur-compositeur. (Un lycée porte son nom)

Léon Laydernier
(1866-1958), banquier, entrepreneur, humaniste

Jean Vallette d'Osia
(1898-2000), général de division, grand résistant, fondateur du maquis des Glières

Charles Bosson
(1904-2001), homme politique, maire d'Annecy, sauveur du lac d'Annecy

Louis Armand
(1905-1971), ingénieur, haut responsable des chemins de fer, grand résistant, commission européenne, Académie française

François Entremont
(1908-1986), entrepreneur, créateur de l'emmental

Marcel Fournier
(1914-1985), entrepreneur, créateur du groupe Carrefour. Il a ouvert à Annecy, à l'emplacement actuel du Casino Parmelan, le supermarché Carrefour, avec promotions et self-service

Théodose Morel, alias Tom
(1915-1944), lieutenant, résistant, chef du maquis des Glières. (La caserne du 27ème BCA d'Annecy porte son nom)

Antoine Riboud
(1918-2002), entrepreneur, créateur du groupe Danone

Maurice Boitel
(1919), artiste peintre,a peint à Annecy au début de la Seconde Guerre mondiale (il a combattu sous les ordres de Jean Valette d'Osia)

Louis Lachenal
(1921-1955), sportif, alpiniste, conquérant de l'Annapurna. (Un lycée porte son nom)

André Paccard
(1929-1995), entrepreneur, décorateur prestigieux

André Dussollier
(1946-), acteur

Véronique Jannot
(1957-), actrice et chanteuse

Frédérique Bel
(1975-), actrice et animatrice