Sommaire

Les grades et les fonctions

Adjoint à l'adjudant général

Il s'agissait le plus souvent d'un sous-lieutenant choisi par l'adjudant général pour le seconder. Il y en avait en principe huit par armée et deux par division. Un arrêté du 16 vendémiaire an IX changea leur titre en celui d'adjoint à l'état-major de l'armée.

Adjudant-commandant

Officier supérieur de grade intermédiaire entre celui de général de brigade et de colonel. En temps de guerre, les adjudant-commandants étaient principalement employés pour des tâches administratives comme le choix de l'emplacement des camps et le jalonnement des positions. Ils remplissaient le plus souvent les fonctions de chef d'état-major au sein d'une division ou de sous-chef d'état-major au sein d'un corps d'armée.

Adjudant de place

Officier qui était appelé à remplacer le major en cas d'abscence de celui-ci.

Adjudant-général

Il s'agit de l'ancienne appellation des adjudants-commandants.

Adjudant-major

Cette fonction fut créée en 1790. C'était en principe un capitaine chargé des détails du service de son bataillon et de l'instruction des sous-officiers et des caporaux, de la discipline et même de la police du régiment.

Adjudant sous-officier

Ce grade fut créé le 25 mars 1776 après la suppression des aides-majors et des sous-aides-majors. C'était le grade le plus élevé chez les sous-officiers. Ils exerçaient un contrôle sur les sous-officiers et les caporaux. Ils veillaient à l'instruction des troupes, les commandant en l'abscence des chefs, passant en revue les armes et les chambres et rédigeant un compte rendu sur tout ce qui pouvait intéresser le major du régiment.

Aide-chirurgien

Il s'agissait d'un chirurgien adjoint au chirurgien-major.

Aide de camp

Officier attaché à la personne d'un souverain, d'un prince, d'un maréchal, d'un général, et chargé de transmettre les ordres verbaux ou écrits, remplir des missions de reconnaissance, des visites des postes. Les maréchaux, les colonels généraux et les généraux de division en chef commandant une armée avaient droit à six aides-de-camp, dont un adjudant-commandant ou colonel, un chef de bataillon ou d'escadrons, deux capitaines et deux lieutenants. Les sous-lieutenants étaient exclus de ce service.

Appointé

Soldat qui exerçait provisoirement le grade de caporal. Il était parfois appelé sous-brigadier et recevait une solde plus élevée que les autres soldats. Cette fonction était toujours remplie par les plus anciens fusiliers des compagnies.

Bas-officier

Cette appellation des armées de l'Ancien Régime qualifiait les sous-officiers. Elle fut supprimée par le " Règlement sur la formation de l'infanterie française " du 1er janvier 1791. C'est à partir de cette époque que l'on eut recours aux appellations de sergent-major, tambour-major, sergent, caporal-fourrier ou caporal.

Brigadier

Grade de sous-officier qui, dans la cavalerie, correspondait à celui de caporal dans l'infanterie.

Capitaine

Officier qui était chargé de commander une compagnie mais aussi de la surveiller et de faire exécuter les ordres que lui prescrivaient les officiers supérieurs.

Capitaine-adjoint

Officier qui remplissait des fonctions sensiblement égales à celles d'un aide-de-camp. En campagne, il était chargé de préparer le logement de l'état-major.

Capitaine de recrutement

Sous l'Empire, chaque régiment détachait des officiers et des sous-officiers pour le service du recrutement. Un décret du 31 juillet 1806 fixa cette organisation et prévit alors un capitaine par département, un lieutenant ou sous-lieutenant par arrondissement, un sergent pour quatre cantons, un caporal pour deux cantons.

Capitaine de remonte

Dans les corps montés (cavalerie, train, artillerie à cheval), c'était un officier chargé du choix et de l'achat des chevaux.

Capitaine d'habillement

Les conseils d'administration des corps devaient nommer tous les ans un capitaine chargé de la confection et de toutes les réparations de l'armement. Dans les troupes à cheval, le capitaine d'habillement était également chargé de tous les problèmes de ferrage, médicaments pour les chevaux et matériels d'écurie.

Capitaine en premier, en second ou en troisème

Ces appellations permettaient de distinguer ces officiers du même grade en se basant sur leur ancienneté et le niveau de leur solde.

Capitaine-trésorier

Il s'agissait souvent d'un officier, du grade de capitaine, préposé à la comptabilité du régiment.

Caporal

Le caporal commandait en principe une escouade forte de dix à douze hommes. Bien que n'étant plus simple soldat, il n'était pas encore considéré comme sous-officier. Il apprenait aux soldats le maniement des armes, faisait l'appel, posait ou levait les sentinelles, maintenait le bon ordre dans le corps de garde. Ses fonctions varaient, d'après le manuel d'infanterie de 1808, selon qu'il était caporal chef d'escouade, de planton, de patrouille, de garde, en route ou en action.

Caporal-tambour

Cet homme était chargé du service et de la discipline des autres tambours, sous l'autorité du tambour-major et pouvait le supléer en cas de besoin dans ses fonctions. Il était choisi par le colonel parmi les tambours.

Carabinier

Ce soldat d'élite, sélectionné pour sa grande taille, servait dans l'infanterie légère. Dans l'infanterie de ligne on parlait de grenadier.

Chasseur

Sous l'Empire, les chasseurs étaient, dans les troupes de la ligne (tout ce qui n'est pas la garde impériale), les soldats de base des régiments d'infanterie légère.

Chef d'escadrons

Cet officier était, dans les troupes montées, l'équivalent d'un chef de bataillon dans l'infanterie. Un chef d'escadrons commandait deux escadrons (d'où le pluriel au mot), chaque escadron étant composé de deux compagnies.

Chef d'état-major

Cet officier était chargé de remplir, auprès d'un général, des fonctions analogues à celles qu'accomplissait un chef d'état-major général auprès d'un généralissime.

Chef de bataillon

Cet officier supérieur commandait un bataillon dans l'infanterie ou l'artillerie à pied. Le nombre des chefs de bataillon dans un régiment d'infanterie variait selon le nombre de bataillons dans le régiment.

Chirurgien-major

C'était le premier chirurgien du régiment. Le décret du 8 messidor an II (26 juin 1794) leur donna de 1794 à 1803 le titre d'officier de santé.

Colonel

Le décret du 21 février 1793 supprima ce grade et le remplaça par celui de chef de brigade, le décret du 1er vendémiaire an XII (24 septembre 1803) le rétablit. Le colonel était l'officier supérieur qui commandait un régiment.

Colonel en second

Ce grade fut créé par décret du 23 mars 1809 et officialisé le 17 avril suivant. Il fut attribué à quarante-six majors, promus au grade de colonel en second, destinés à commander des corps provisoires (30 dans l'infanterie, 10 dans les dragons, 4 dans les chasseurs et hussards et 2 dans les cuirassiers). Il fut supprimé dès la fin de la campagne de 1809.

Colonel général

Cette charge, disparue sous la Révolution en 1790, réapparut sous l'Empire par décret du 17 messidor an XII (6 juillet 1804). Ce texte nomme quatre colonels généraux pour la cavalerie (cuirassiers, chasseurs, dragons, hussards). Ce sont là des titres et non des fonctions, cette dignité suit immédiatement celle de maréchal. Elle fut définitivement supprimée en 1830.

Commandant de place

Ce titre, supprimé sous la Révolution, fut remplacé le 6 germinal an VIII (16 avril 1800), par celui de commandant d'armes. C'était un officier de confiance, chargé de commander et, au besoin, de défendre une ville. Il pouvait s'agir, selon l'importance de la place, d'un général, d'un colonel ou d'un chef de bataillon.

Commandant de place du quartier général

Officier supérieur, le plus souvent du grade de colonel, chargé de surveiller le service et d'assurer la police dans le quartier général. Il était souvent choisi parmi les officiers à la suite et est secondé par un officier remplissant les fonctions d'adjudant de place.

Escorte du général en chef

Avant l'an XIII, on utilisait pour protéger les généraux en chef des compagnies de guides. Avec la disparition de ceux-ci, les généraux eurent recours aux détachements de cavalerie de leur armée.

Fourrier

Le fourrier était le premier caporal, attaché plus particulièrement à une section, chargé de toutes les distributions, sous les ordres d'un lieutenant ou sous-lieutenant.

Frater

Ce nom désignait à l'origine celui qui était l'aide du barbier-chirurgien. Sous l'Empire, il en existait dans certains régiments, dont le rôle était de faire la barbe des hommes.

Fusilier

Avant la Révolution, on parlait de soldats des basses compagnies. Ce terme ayant disparu en 1789, les fusiliers étaient les soldats de base dans les régiments d'infanterie de ligne.

Général de brigade

Officier général qui commandait une brigade, soit deux ou trois régiments et même parfois un seul. Il possédait deux étoiles distinctives sur les épaulettes.

Général de division

Officier général qui commandait deux ou trois brigades. Il portait trois étoiles distinctives sur les épaulettes.

Général en chef

Général de division à qui l'on donnait provisoirement le commandement d'une armée, comme Junot au Portugal ou Dupont en Andalousie.

Grenadier

Soldat d'élite dans les régiments d'infanterie de ligne (et de la Garde impériale). Une taille minimale de cinq pieds quatre pouces était requise, ainsi que deux ans de bons états de service et une bonne conduite antérieure.

Haut-le-pied

Premier conducteur dans les bataillons du train d'artillerie ou des équipages du train.

Lieutenant

Officier chargé de suppléer le capitaine d'une compagnie en cas d'abscence.

Lieutenant en second

On désignait également sous ce terme le sous-lieutenant.

Lieutenant général

Nom donné, à la Restauration et lors des Cents-Jours, aux généraux de division.

Lieutenant porte-aigle

D'après le décret du 18 février 1808, chaque régiment d'infanterie possédait une aigle portée par un lieutenant ou sous-lieutenant qui avait au moins dix ans de service. Il était flanqué d'un deuxième et troisième porte-aigle qui avaient rang de sergent.

Lieutenant-colonel

Ce grade n'existait plus dans l'armée française depuis le 21 février 1793; on rencontra malgré tout quelquefois cette appellation sous l'Empire. La fonction correspondait à celle du major. Ces deux grades furent rétablis à partir du 3 août 1815.

Maître-ouvrier

Les maîtres-ouvriers faisaient partie depuis l'an X du petit état-major. En nombre variable, ils remplissaient les fonctions d'armurier, de culottier, d'éperonnier, de guêtrier, de tailleur et portaient la marque distinctive de leur grade.

Major

Ce grade, supprimé sous la Révolution, réapparut le 18 vendémiaire an X (10 octobre 1801) sous le nom de chef d'escadrons chargé des détails. Le major commandait le dépôt du régiment en l'abscence du colonel, on l'appelait parfois le " gros-major ". Le grade était intermédiaire entre celui de chef de bataillon ou d'escadrons et celui de colonel.

Maréchal d'Empire

Ils portaient des épaulettes avec deux bâtons de maréchal croisés.

Maréchal de camp

Nom donné aux généraux de brigade sous la Restauration. Ce terme fut également employé pendant les Cents-Jours.

Maréchal des logis

Sous-officier des troupes montées, dont le grade était équivalent à celui de sergent dans l'infanterie.

Maréchal des logis-chef

Sous-officier des troupes montées, dont le grade était équivalent à celui de sergent-major dans l'infanterie.

Musicien

Le nombre des musiciens était variable dans les régiments, car " ils étaient entretenus sur la caisse noire ". En réalité, ils étaient payés sur les revenus extérieurs du régiment, à la convenance du colonel, et ne faisaient pas partie de l'effectif. En tant que gagistes, ils recevaient un salaire et non une solde, leur existance était cependant légale. Ils étaient commandés par un chef-musicien.

Officier à la suite

Il s'agissait d'officiers affectés à l'état-major, le plus souvent faute d'avoir une place précise dans un corps.

Officier adjoint à l'état-major

Officier affecté à l'état-major, du grade de capitaine, et dont le nombre est deux fois plus important que celui des adjudants-commandants.

Officier d'ordonnance

Officier détaché auprès d'un officier général pour remplir des fonctions équivalentes à celles d'un aide-de-camp.

Officier payeur

Officier, le plus souvent capitaine, qui dans un régiment était chargé du paiement de la solde.

Ordonnance

Sous l'Empire, il s'agissait de sous-officiers, brigadiers ou caporaux, voire de simples soldats, placés vingt-quatre heures chez le général en chef, à l'état-major général ou chez un commandant de place.

Postiche

Cavalier appelé à compléter provisoirement la compagnie d'élite d'un régiment de cavalerie.

Quartier-maître-trésorier

Depuis 1796, on trouvait deux officiers par régiment chargés de la comptabilité (un au dépôt, l'autre en campagne).

Sapeur

Depuis le décret du 18 février 1808, il y avait quatre sapeurs dans chaque bataillon d'infanterie de ligne ou légère, commandés par un caporal.

Sauve-gardes

Il s'agissait souvent de sous-officiers ou de gendarmes choisis parmi les moins valides, placés dans un établissement public ou un magasin pour en assurer la protection.

Sergent

Sous-officier qui commandait une demi-section dans une compagnie, composée de 12 à 18 hommes et d'un caporal. Le grade de maréchal des logis était l'équivalent dans la cavalerie.

Sergent-major

Il s'agissait du premier sous-officier d'une compagnie. Il était responsable envers le capitaine et commandait le fourrier qui était chargé des livres concernant l'administration, la police, la discipline et l'exercice. Dans les troupes à cheval, le grade équivalent était celui de maréchal des logis-chef.

Sous-chef d'état-major général

C'était un général de brigade, ou un adjudant-commandant, secondant le chef d'état-major général.

Sous-lieutenant

Le sous-lieutenant était le troisième officier d'une compagnie. Ce grade était le premier obtenu à la sortie des écoles militaires.

Tambour

Il y avait dans les régiments d'infanterie deux tambours par compagnie. Cet instrument permet en effet de donner des ordres. Les tambours étaient choisis parmi les fusiliers et commandés par le tambour-major.

Tambour-maître

Le plus souvent un caporal qui dirigeait les tambours du régiment.

Tambour-major

Sous officier, élu par le conseil d'administration du régiment, qui commandait l'ensemble des tambours et des musiciens et faisait partie de l'état-major.

Trompette

Il y avait en principe deux trompettes par compagnie chargés de transmettre les ordres. Ils portaient toujours un uniforme différent du reste du corps, soit les couleurs inversées du régiment, soit la livrée impériale à partir de 1812-1813.

Vaguemestre

Sous-officier, le plus souvent sergent ou caporal-fourrier, chargé de la surveillance des équipages et chercher les lettres et paquets au bureau de poste.

Voltigeur

Soldats de petite taille, regroupés au sein d'une compagnie d'élite dans les régiments d'infanterie de ligne et d'infanterie légère. Ils portaient en général un plumet jaune ou vert et des épaulettes avec les mêmes marques distinctives.

La hiérarchie des grades

La hiérarchie des grades dans l'armée napoléonienne, en commençant par le plus élevé, qui n'était d'ailleurs pas un grade mais une distinction, était les suivantes :

  • Maréchal d'Empire
  • Général en chef commandant une armée (généralement, c'est un général de division)
  • Général de division (lieutenant général à la Restauration et aux Cents-Jours)
  • Général de brigade (maréchal de camp à la Restauration et aux Cents-Jours)
  • Adjudant-commandant
  • Colonel
  • Colonel en second (ce grade n'exista qu'en 1809)
  • Major
  • Chef de bataillon et chefs d'escadrons
  • Capitaine (en premier ou second et même en troisième dans l'artillerie)
  • Capitaine quartier-maître
  • Lieutenant (en premier ou en second et même en troisième dans l'artillerie)
  • Sous-lieutenant
  • Adjudant sous-officier
  • Sergent-chef (artillerie, infanterie) ou maréchal des logis-chef (cavalerie, train)
  • Sergent (artillerie, infanterie) ou maréchal des logis (cavalerie, train)
  • Caporal-fourrier
  • Caporal (artillerie, infanterie) ou brigadier (cavalerie, train)
  • Appointé
  • Carabinier (infanterie légère), grenadier (ligne), voltigeur (légère et ligne)
  • Chasseur (infanterie légère), fusilier (ligne)
  • Tambour
  • Enfant de troupe