Sommaire

Les différentes armes tranchantes

Le sabre briquet

Sabre briquet d'infanterie

L'infanterie napoléonienne était équipé d'un sabre court, porté au baudrier à côté de la baïonnette. En 1806, ce sabre adopta de façon officielle le surnom de "briquet" que lui avaient donné par dérision les cavaliers. Avec sa poignée striée en laiton massif, il pèse environ 1,3 kg.

Son fourreau est en cuir de vache noir, avec des appliques de cuivre. Il est l'ancêtre du glaive d'infanterie qui perdurera dans l'armée française jusqu'à la IIIème République.

Le sabre de cavalerie

Sabre de cavalerie légère de la ligne

Ce sabre, dit "à la chasseur" est du modèle de l'An XI. Adopté par toute la cavalerie légère et l'artillerie montée, il a connu un énorme succès et a été utilisé très longtemps, à travers plusieurs régimes.

La monture de la poignée est en bois de hêtre, ficelé en spirale et recouverte de basane noire, sans filigrane. Seules deux demi-olives de laiton sont clouées et maintiennent la basane.

Ce sabre, extrêmement résistant, a fait toutes les campagnes de la seconde partie de l'épopée impériale, notamment entre les mains des fameux hussards. Il mesure 107 cm.

Le sabre des dragons

Sabre des Dragons de la ligne

Le sabre qui équipe les dragons est du modèle An XI. C'est le même que celui utilisé par les cuirassiers, à la différence que le fourreau est en cuir noirci avec des garnitures laiton, plutôt qu'en fer.

La monture en laiton est faite de quatre branches et la lame de près d'1 mètre de long est à double pan creux. Elle porte les marques de la manufacture de Kliegenthal de 1813. Ce sabre sera utilisé jusqu'à la fin de l'Empire, et sera ensuite remplacé par le modèle 1816. Il mesure 113 cm.

Le sabre de grenadiers

Sabre de grenadier à cheval de la Garde impériale

Les Grenadiers à cheval sont équipés d'un nouveau sabre en 1803 (modèle An XI) fourni par la fabrique de Versailles, avec une grenade qui orne la monture.

Ce célèbre sabre est également reconnaissable par son fourreau très particulier en laiton, avec un grand crevé sur les côtés. Mais celui-ci fragilise la gaine, et des bagues métalliques sont ajoutées vers 1807 pour le renforcer. Ce modèle restera en service jusqu'en 1810. Les sabres des officiers présentent généralement une décoration plus luxueuse que celle de la troupe.

L'épée

L'épée est une arme d'estoc à un seul tranchant, munie d'une longue lame droite. A cette époque, l'épée est avec le sabre l'une des armes les plus utilisées par la cavalerie. Elle est un peu plus lourde que le sabre et est essentiellement une arme de pointe.

L'épée est surtout utilisée par la cavalerie lourde qui attaque l'ennemi en ordre serré. Un escadron chargeant au galop, formant une masse compacte d'hommes, de chevaux et d'épées, possède une puissance redoutable. Un des commandants des chasseurs de Napoléon, le très expérimenté de Brack a dit : "Les coups mortels sont ceux des armes de pointe. Les autres ne font que blesser. Estoquez, estoquez autant que vous le pouvez ! Vous désarçonnerez tous ceux que vous toucherez, vous effraierez l'ennemi, qui aura eu la chance d'éviter votre coup, et vous serez du reste capable de vous défendre à tout moment".

Les différentes armes à feu

Le fusil

Fusil napoléonien, modèle 1777, corrigé An IX

Comme son nom l'indique, le fusil qui équipe les soldats de Napoléon est une création de la royauté. C'est alors l'un des meilleurs fusils du monde, avec son calibre de 17,1 mm. Après la Révolution et sous l'Empire, il connaît quelques modifications destinées à faciliter son montage et reste fabriqué jusqu'en 1819. Son utilisation perdure cependant jusqu'à la disparition des armes à silex, vers 1840.

Sur près de 2 millions d'armes produites, la manufacture de Saint-Etienne en a sorti à elle seule près de 700 000. Sa portée maximale est de 200 m, mais la portée efficace est de 50 m, voire moins si le soldat a le sang-froid d'attendre la charge de l'adversaire. Le fusil mesure 153 cmde long et pèse 4,70 kg.

Le mousquet

Mousquet de l'infanterie

Au début du XVIIIème siècle, Vauban, célèbre ingénieur militaire, invente un mousquet à silex amélioré, simple et fiable. Celui-ci peut être équipé d'une baïonnette à douille, elle-même inventée par Vauban. Cette arme, à l'apparence insignifiante, devient dès lors l'arme de référence de l'infanterie, et même, à vrai dire, la seule autorisée. Le percuteur est immédiatement copié par toutes les armées européennes et sa forme restera la même pendant près d'un siècle et demi.

Le dernier modèle de la série est celui adopté en 1777 et équipera l'infanterie française durant toutes les guerres de la Révolution et de l'Empire.

La longueur totale du mousquet est d'environ 1,5 m, le canon faisant à lui seul 1,10 m, et pèse environ 4,5 kg. Pour un soldat expérimenté, la cadence de tir est de 2 à 3 coups par minute. Il est intéressant de noter qu'en 1808, la Russie adopte un mousquet qui est la réplique exacte de celui des Français. D'autres armées européennes utiliseront aussi des armes similaires, légèrement différentes du modèle français.

Le mousqueton

Mousqueton An IX

Au début de l'Empire, pour faire le coup de feu, la cavalerie légère est équipée du mousqueton 1786, remplacé progressivement par le modèle An IX.

De nombreuses armes étrangères sont cependant également récupérées et utilisées par les cavaliers. Le mousqueton est suspendu à un baudrier grâce à un anneau qui coulisse sur une longue traverse fixée le long de l'arme. Ce système simple et ingénieux offre une grande liberté de mouvement, et permet au cavalier de tirer sans avoir besoin de décrocher l'arme du baudrier. Le mousqueton mesure 114 cm pour un poids de 3,30 kg.

La carabine

Ce fusil à canon court est utilisé par les hussards, les chasseurs à cheval et les cuirassiers. Il s'agit essentiellement de mousquetons de l'an IX (1801), mais certaines unités sont équipées de modèles plus anciens, de 1786 ou même de 1766 (d'après les témoignages d'époque, ces derniers sont surtout utilisés par les régiments de hussards). La carabine de cavalerie se distingue surtout par sa taille : 114 cm de long pour 3,3kg. Parmi les autres différences, on peut citer le calibre (17,1 mm) et la façon de le porter par-dessus l'épaule.

A l'époque napoléonienne, la carabine est assez répandue : entre 1802 et 1815, les manufactures impériales de Maubeuge, Charleville, Versailles et Turin ont produit plus de 221 420 carabines. Et ce en dépit du fait que la carabine est moins efficace que les armes d'infanterie du point de vue tactique et technique. Mais pour tirer à la carabine, on ne peut viser qu'à une distance de 195 pas (125 mètres), soit 2,5 fois moins qu'avec un fusil.

Néanmoins, la carabine est largement utilisée par la cavalerie légère, car elle est indispensable pour servir sur le front, dans les avant-postes de combat, où lorsque les cavaliers doivent mener l'attaque à pied. Cependant, l'utilisation d'armes à feu par la cavalerie est purement défensive, et sert à tenir momentanément l'ennemi à distance quand c'est nécessaire. Il est de plus presque impossible d'utiliser une carabine lors d'une charge.

La baïonnette

Baïonnette

Il semble plausible que la baïonnette n'était à l'origine qu'une simple dague longue dont le manche était introduit dans le canon du mousquet pour en faire une arme blanche. Dès lors, le sort des piques était scellé : devenues inutiles, elles sont peu à peu abandonnées.

Le gros défaut des baïonnettes est qu'il faut les enlever pour tirer. Des essais ont été réalisés pour accélérer cette étape en installant une bague sur le canon. Pour éviter que la lame ne se retrouve sur la trajectoire des balles et permettre ainsi de tirer sans enlever la baïonnette, celle-ci est ensuite munie d'une hampe. Ce système de fixation laissant à désirer, les baïonnettes tombent régulièrement lors du tir, et encore plus souvent lors du combat au corps à corps. Ce n'est qu'en 1740 que les Français réussissent à mettre au point un système réellement efficace.

Les premières baïonnettes avaient une lame droite, et ressemblaient à des épées courtes. Elles avaient des dents pour servir de scie en cas de besoin. Aux XVIIIème et XIXème siècles, les baïonnettes sont raccourcies et ressemblent plus à des couteaux. Cependant, dès le XVIIIème siècle, l'infanterie saxonne était équipée de baïonnettes munies de poignées de sabre. On pouvait les fixer sur le mousquet ou les utiliser comme des épées.

Les Français ont ensuite imaginé une baïonnette à trois faces en forme de poinçon, qui devait être adoptée par d'autres armées. Plus tard, on fabrique des lames à quatre faces de forme concave. Au début du XIXème siècle, la flèche de la baïonnette prend une forme cylindrique plutôt que plate ou tranchante. La lame elle-même est légèrement redressée vers l'extérieur pour éviter tout contact ave les balles qui sortent du canon.

L'emblème : l'Aigle impériale

L'Aigle impériale

Oiseau de Zeus puis de Jupiter, patron de Rome, l'aigle fut employé par les Barbares qui le considéraient comme le symbole de l'Être suprême. Ce symbole romain parvint aux Stauffen qui le placèrent sur leur écu. C'est ainsi que les empereurs et rois des Romains, plus tard rois de Germanie, eurent les armes à l'aigle qui devinrent celles de l'Allemagne.

Byzance prit aussi l'aigle, qui est du genre féminin en héraldique. Depuis la fin du XIIIème siècle, Charlemagne fut souvent représenté symboliquement par un écu aux armes de l'Empire (l'aigle) et de France (les fleurs de lys). Des auteurs français du XVIIème siècle en vinrent à dire que Charlemagne avait l'aigle d'or sur champ d'azur, alors que les armes traditionelles du Saint-Empire étaient en réalité une aigle de sable (noir) en champ d'or. Ces textes furent lus par Vivant Denon et Napoléon quand furent créées les armoiries impériales autour de l'idée de Charlemagne.

Pour distinguer la nouvelle aigle française des aigles des empereurs romain, autrichien, russe, prussien et même américain, on dessina une aigle romaine, empiétant un foudre, les ailes baissées, en un style naturaliste. Les armoiries de la France impériale. Antoine-Denis Chaudet, s'inspirant visiblement d'un monument romain, créa l'aigle similaire placée au sommet des drapeaux et étendards distribués le 5 décembre 1804, trois jours après le Sacre.

Cette Aigle était aux yeux de l'Empereur beaucoup plus important que le drapeau. Il reste peu d'aigles impériales dans les musées et collections particulières. Le terme de « Grand Aigle » servira, sous Napoléon à désigner les plus importants légionnaires (1805), mais sera remplacé à partir de 1815 par celui de grand-croix de la Légion d'Honneur.