Sommaire

Les monuments de gloire

L'Arc de Triomphe du Carrousel

L'Arc du Carrousel sous l'Empire
L'Arc du Carrousel de nos jours

En revenant d'Austerlitz, Napoléon voulut qu'on édifie un arc de triomphe en l'honneur de la Grande Armée. On désigna le Carrousel comme lieu de construction, en face du palais des Tuileries.

Le monument comporte 3 arcades dans sa largeur plus une qui est transversale. Sa hauteur est de 14,6 mètres et sa base est un rectangle de 19,5 mètres sur 6,25 mètres. Il est couronné d'une frise imposante en marbre (griotte d'Italie), sculptée et gravée.

Façade Est
L'armée française embarquée à Boulogne menaçait l'Angleterre
Une troisième coalition éclate sur le continent
Les Français volent de l'océan au Danube
La Bavière est délivrée, l'armée autrichienne prisonnière à Ulm
Napoléon entre dans Vienne, il triomphe à Austerlitz
En moins de cent jours, la coalition est dissoute

Façade Sud
Honneur à la grande armée
Victorieuse à Austerlitz
En Moravie
Le 2 décembre 1805 jour anniversaire
Du couronnement de Napoléon

Façade Ouest
A la voix du vainqueur d'Austerlitz
L'empire d'Allemagne tombe
La confédération du Rhin commence
Les royaumes de Bavière et de Wurtemberg sont créés
Venise est réunie à la couronne de fer
L'Italie entière se range sous les lois de son libérateur

Façade Nord
Maître des États de son ennemi
Napoléon les lui rend
Il signe la paix le 27 décembre 1805
Dans la capitale de la Hongrie
Occupée par son armée victorieuse

L'Arc de Triomphe de l'Etoile

L'Arc de Triomphe de l'Etoile
L'Arc de Triomphe de l'Etoile

Suite à la campagne-éclair de Prusse qui couvrit de gloire la Grande Armée, Napoléon voulut lui donner un signe de sa satisfaction et décida d'ériger un nouvel arc de triomphe, beaucoup plus grand que le précédent.

La construction de l'arc est lancée le 18 février 1806. Le projet initial était d'en faire le point de départ d'une avenue triomphale traversant notamment le Louvre et la place de la Bastille.

Il sera placé en périphérie de Paris, à la limite de la campagne (on voit à quel point Paris s'est développée depuis ...). La construction débute le 15 août 1806.

Pour la conception du monument, l'architecte Chalgrin fut en concurrence avec son confrère Raymond, chargé de collaborer avec lui. Un arbitrage rendu par Champagny, ministre de l'intérieur, força Raymond à se retirer honorablement.

Les fondations exigèrent 2 ans de chantier. En 1810, les quatre piles s'élevaient à environ un mètre au-dessus du sol. A l'occasion de son mariage avec Marie-Louise et de son entrée dans Paris, Napoléon dégagea des crédits qui permirent à Chalgrin de construire une maquette en vraie grandeur en charpente, stuc et toiles peintes pour que le couple impérial passe en-dessous.

En 1812, la construction est interrompue, puis abandonnée sous la Restauration. Elle sera achevée sous Louis-Philippe entre 1832 et 1836. Lors du transfert des cendres de Napoléon, le 15 décembre 1840, le cortège passa sous l'Arc de Triomphe, en guise d'hommage.

Haut de 55 mètres, large de 45 mètres et profond de 22 mètres, c'est le plus imposant monument du Paris du Premier Empire.

La colonne Vendôme

La colonne Vendôme

En 1803, Bonaparte décide de l'érection d'une colonne place Vendôme « à l'instar de celle élevée à Rome, en l'honneur de Trajan », ornée de 108 figures des départements montées en spirale et surmontée de la statue de Charlemagne ».

D'abord dédié à la gloire du peuple français, la colonne deviendra rapidement à la gloire de Napoléon.

Ce n'est qu'en 1806 que la construction débuta réellement, avec la fonte des 1 200 canons pris à l'ennemi à Austerlitz. Dédiée à la gloire des armées victorieuses, la colonne fut baptisée colonne de la Grande Armée. On l'apelle aussi colonne d'Austerlitz.

Achevée en 1810, elle est surmontée par une statue de Napoléon en empereur romain réalisée par le sculpteur Antoine-Denis Chaudet en 1810.

C'est une colonne de bronze de 44,3 mètres de haut et de 3,60 mètres de diamètre moyen. Elle a été inspirée par la colonne Trajane de Rome. Son fût est décoré, à la manière antique, de bas-reliefs représentant des trophées et des scènes de batailles.

En 1814, lors de l'occupation de Paris par les troupes alliées, la statue fut enlevée à l'initiative du marquis de Maubreuil et remplacée par un drapeau blanc fleurdelisé pendant la Restauration. En 1818, elle fut fondue pour réaliser la statue équestre de Henri IV sur le Pont Neuf.

Sous la monarchie de Juillet, une nouvelle statue de l'empereur, en petit caporal, par Charles Émile Seurre, aujourd'hui aux Invalides, est placée au sommet de la colonne le 28 juillet 1833, en présence du roi Louis-Philippe.

Sous Napoléon III, estimant que cette précieuse statue était en péril au sommet de la colonne, elle fut déposée et remplacée en 1863 par une copie de la première statue en empereur romain de Chaudet, réalisée par le sculpteur Auguste Dumont.

Lors de la guerre de 1870-1871, la Commune de Paris abat la colonne, non sans difficultés. Les plaques de bronze sont récupérées. Après la chute de la Commune, le nouveau président de la République, le maréchal de Mac-Mahon, décide en mai 1873, de faire reconstruire la Colonne Vendôme.

Les infrastructures

Les routes de l'Empire

Conscient de l'utilité des routes pour le déplacement de ses troupes et pour faciliter les transferts de courier diplomatico-militaires, Napoléon engagea près de 277 millions de francs, entre 1804 et 1813 pour moderniser le réseau routier.

Les principales routes reliaient : Lyon à Turin (route du Mont-Cenis), Genève à Milan (route du Simplon), Alexandrie à Savone, Gênes à Alexandrie, Parme à La Spezia, Plaisance à Gênes, Paris à Madrid (par Bayonne), Paris à Amsterdam, Paris à Namur-Liège-Hambourg, Paris à Mayence et de Tournus à Chambéry.

Les ports de l'Empire

Ne pouvant rivaliser avec la flotte anglaise, Napoléon décida de consacrer le budget de la Marine à la modernisation des ports impériaux. Il dépensa près de 117 millions de francs pour les ports de Cherbourg, du Havre, de Dunkerque, de Calais, de Saint-Valéry, de Dieppe, de Bayonne, de Sète, de Marseille, d'Anvers, de Flessingue et d'Ostende.

Les canaux de l'Empire

Les marchandises ne pouvant transiter par la mer, Napoléon décida qu'elles le feraient par l'intérieur des terres. D'immenses travaux de creusement de canaux virent le jour dans tout l'Empire afin de contourner la flotte anglaise. Entre 1804 et 1813, 55 millions de francs furent investis.

Les principaux canaux étaient : de Saint-Quentin, de Saint-Martin, de l'Ourcq, de l'Escaut à la Somme, de Bourgogne (commencé sous Louis XV, achevé en 1832), de la Rance à la Vilaine, de la Baltique à la Seine, de Lübeck à Hambourg, de Nantes à Brest, de la Sambre à l'Escaut, de Niort, canal latéral de la Loire, du Rhin au Rhône par le Doubs (reliant la mer du Nord à la Méditerranée), plus un certain nombre de canaux de moindre importance.

La modernisation de Paris

La rue de Rivoli avec à gauche le jardin des Tuileries

Au début du XIXème siècle, Paris est une ville encore ancienne. Des ruelles étroites, peu de trottoirs, des maisons en bois, pas de plan d'urbanisme, ...

Napoléon voulant faire de la capitale de son Empire la première ville d'Europe, il se lança dans des travaux gigantesques de modernisation de Paris. Certains furent achevés sous l'Empire tandis que d'autres furent achevés sous la monarchie ou même par son neveu sous le Second Empire. Tous ces travaux coûtèrent la somme de 130 millions de francs entre 1804 et 1813.

Les abattoirs du Roule, de Rochechouart, de Ménilmontant, de Villejuif et de Grenelle furent créés. Des marchés aux Fleurs et aux Oiseaux, une halle aux vins, un marché aux oeufs et aux poissons dans les Halles Sainte-Eustache, un marché des Carmes, des Blancs-Manteaux furent modernisés.

Le Panthéon fut restauré, l'Odéon reconstruit. Le Louvre fut réaménagé, le palais des Tuileries agrandi. Les quais de la Seine près du Louvre, de l'île de la Cité furent renforcés, en parallèle du creusement de 10 km d'égouts.

Le palais des Archives fut créé, de même que 15 fontaines et le cimetière du Père-Lachaise. Les rues de Rivoli, de Castiglione, des Pyramides, de la Paix, Soufflot, d'Ulm, Clovis et des Champs-Élysées furent percées afin d'aérer la capitale.