Sommaire

La cavalerie est l'arme noble. Elle jouit d'un prestige énorme et les actions d'éclat qui émaillent son histoire au cours des guerres napoléoniennes sont entrées dans la légende.

La période voit les rôles de la cavalerie se diversifier et se spécialiser. Ainsi, elle n'est plus confinée aux seules tâches d'éclairage, de reconnaissance, de poursuite, mais elle devient en outre une arme de mêlée redoutable. Ses techniques se sont affinées de manière spectaculaire par rapport aux siècles qui ont précédé et son organisation plus rigoureuse en ont fait les compléments indispensables de l'infanterie.

La cavalerie française du Premier Empire se divise en trois grandes catégories : la cavalerie légère composée des régiments de hussards et des chasseurs, la cavalerie de ligne composée des chevau-légers lanciers et des dragons, enfin la cavalerie de réserve ou cavalerie lourde constituée des carabiniers et des cuirassiers.

On doit joindre à ces élites de la ligne la cavalerie de la Garde impériale composée de chasseurs, chevau-légers (lanciers), dragons, éclaireurs, gendarmes d'ordonnance, gendarmes d'élite, Gardes d'honneur, grenadiers, mamelouks et Tartars lituaniens.

L'organisation de la cavalerie

L'escadron

Il est le pendant du bataillon d'infanterie, et c'est donc l'unité tactique de base. Il est constitué généralement de deux compagnies elles-même formées de deux pelotons. Il comprend, selon les nations et les périodes, de 80 à 200 hommes, la moyenne étant située aux alentours de 120. Il est commandé par un chef d'escadron (un commandant dans l'infanterie).

Le régiment

Le régiment de cavalerie est constitué selon les nations et les périodes de 2 à 10 escadrons, soit de 160 à 2000 hommes. Il est commandé par un colonel.

La brigade

La brigade de cavalerie est constituée de 1 à 4 régiments de cavalerie généralement du même type. Plus les régiments sont gros, et moins la brigade en contiendra. La brigade de cavalerie est commandée par un général de brigade.

La division

La division de cavalerie est presque toujours constituée de 2 brigades, parfois de types différents. Elle est commandée par un général de division.

Le corps de cavalerie

Les divisions de cavalerie sont parfois regroupées par deux ou plus pour constituer des corps de cavalerie. Ces corps constituent le plus souvent la réserve de choc de l'armée, et contiennent une très forte proportion de cavalerie lourde et de ligne. Le corps de cavalerie est normalement commandé par un général de division ou un maréchal.

Les différents types de cavalerie

La cavalerie légère

Un chasseur à cheval
Un hussard
Un dragon
Un cuirassier

Comme son nom l'indique, elle est constituée de troupes légèrement armées montées sur des chevaux qui dans l'idéal doivent être agiles et endurants. En effet, les multiples missions de la cavalerie légère imposent au cavalier et surtout à sa monture un rythme épuisant en campagne. Leurs missions consistent à découvrir l'ennemi, le reconnaître, éclairer et masquer les mouvements amis, combattre, poursuivre l'ennemi battu, couvrir la retraite, ...

Lors des campagnes, les effectifs de la cavalerie légère fondent plus rapidement que ceux des autres armes en raison essentiellement de l'épuisement des chevaux. On en demande toujours plus à cette arme qui jouit de plus grands prestiges au sein même de la cavalerie. Les principaux types de cavaliers légers sont, selon les nations : les chasseurs à cheval, les hussards, les chevau-légers, les dragons légers, les lanciers ou uhlans, et bien sûr les cosaques qui sont considérés par tous comme la meilleure cavalerie légère du monde.

En principe, la cavalerie légère est entraînée à manoeuvrer aussi bien en masse qu'en ordre dispersé. Le cavalier léger est armé dans la majorité des cas d'un sabre et de pistolets, souvent d'un mousqueton de cavalerie et parfois d'une lance.

La cavalerie de ligne

La notion de cavalerie de ligne est une notion floue, et en fait assez peu réaliste. Son principe est d'être située entre la cavalerie lourde et la cavalerie légère, et même en certains cas de remplir au besoin le rôle de fantassin : situation bâtarde et qui dans les faits se traduit par l'utilisation par telle ou telle nation de sa cavalerie de ligne plutôt dans le rôle de cavalerie légère ou plutôt dans celui de cavalerie lourde.

Le type principal de cavalerie de ligne est représenté par les dragons : dragons chez certains, dragons lourds pour d'autres. Le cavalier de ligne est généralement armé d'un sabre et de pistolets, souvent d'un mousqueton ou équivalent, et parfois d'une lance.

La cavalerie lourde

La cavalerie lourde est l'arme de choc par excellence. Elle est utilisée presque exclusivement pour le combat au corps à corps aussi bien contre la cavalerie ennemie que contre l'infanterie. Le cavalier lourd, armée d'un solide sabre et de pistolets, parfois d'un mousqueton, souvent casqué, le tronc également protégé par une cuirasse, est monté sur de grands et puissants chevaux.

Il manoeuvre presque exclusivement en masse, en des charges dévastatrices bien qu'il soit néanmoins capable de remplir partiellement certaines tâches dévolues à la cavalerie légère, mais il serait quand même dommage d'épuiser son potentiel avant la bataille.

Les différents types de cavalerie lourde, selon les nations sont : les cuirassiers, les carabiniers, les Gardes du corps, les grenadiers à cheval et souvent, les dragons et dragons lourds sont considérés comme faisant partie de la grosse cavalerie.

La Garde Impériale

Comme pour l'infanterie, beaucoup de pays ont désiré créer un corps d'élite constitué de la crème de leurs cavaliers. Outil de prestige ou arme d'élite, Garde prétorienne ou réserve ultime, les cavaleries de la Garde ont, selon les nations, joué des rôles plus ou moins importants.

Encore plus que l'infanterie, les cavaliers de la Garde bénéficient d'avantages et de considérations supérieures à leurs collègues de la ligne. Certaines nations se contentent pour la Garde à cheval de régiments de cavalerie lourde ou légère, d'autres tiennent à ce que tous les types de cavalerie présents dans la ligne soient représentés dans la Garde, d'autres enfin adoptent une position intermédiaire où seuls quelques types de cavalerie de la ligne ont leur pendant dans la Garde.

Les formations de cavalerie

Principe

De ce qui précède, on peut comprendre que les formations de la cavalerie doivent être très différentes selon la mission qui lui est dévolue. L'ordre dense sert bien entendu au combat et optimise l'effet de choc, tandis que la formation plus ou moins lâche est adoptée pour les missions normalement réservées à la cavalerie légère.

La colonne

Cette formation est essentiellement utilisée pour la manoeuvre, l'approche d'une position à occuper, et rarement employée au combat. Elle n'offre pas les mêmes avantages à l'impact que pour l'infanterie, et n'est utilisée pour contacter l'ennemi que lorsque la place pour déployer l'unité fait défaut.

Comme pour l'infanterie, différents types de colonne existent, colonne par quatre (quatre cavaliers de front), colonne par pelotons (une demie-compagnie de front), colonne par compagnie, colonne par division (deux pelotons de front, encore une difficulté du langage puisque ici une division est une demie-compagnie). Dans chaque cas, les cavaliers sont placés sur deux rangs, ce qui fait que pour un escadron de 100 cavaliers par exemple, la colonne par pelotons comprend une douzaine d'homme de front environ.

La ligne

C'est la formation de combat par excellence, où l'escadron sur deux rangs de cavaliers présentent son front le plus large. Un régiment peut combiner ses différents escadrons formés en ligne, en une seule grande ligne ininterrompue, les placer les uns derrières les autres en une sorte de colonne par escadron, ou les " échelonner " en une colonne brisée par rapport à l'axe de progression.

Ordre lâche

Appelé selon les circonstances en fourrageurs ou en tirailleurs, c'est l'ordre adopté pour les missions de reconnaissance et autres, mais aussi parfois au combat pour harceler, le plus souvent au feu, les unités ennemies. Les résultats de cette dernière action sont négligeables en termes de pertes, mais l'agacement qu'elle provoque chez l'ennemi peut avoir lui, des conséquences non négligeables.

Ordre irrégulier

Il est impropre de parler de formation pour l'ordre irrégulier, puisque ce sont justement des troupes incapables d'adopter une formation quelconque qui se battent ainsi. L'aspect qu'elles offrent est celui d'une nuée de cavaliers se présentant en pagaille. Il faut dire qu'une telle cavalerie n'est jamais utilisée en bataille contre des unités formées, mais que son rôle, outre la reconnaissance où généralement elle excelle particulièrement, se borne au harcèlement, à la lutte contre les tirailleurs ennemis, et à la poursuite et à la mise à mort d'unités ayant perdu toute cohésion.