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L'artillerie à l'époque napoléonienne est l'arme savante. Aussi rustiques que puissent paraître aujourd'hui les matériels et principes d'utilisation de cette arme, elle n'en nécessite pas moins de personnels hautement qualifiés, et la théorie défaillante doit être supplée par une longue expérience sur le terrain.

On ne peut devenir un bon artilleur uniquement en étudiant dans les livres, car il faut avoir en plus manoeuvré, pointé, tiré maintes et maintes fois pour maîtriser en partie l'inefficacité relative des matériels.

L'artillerie va jouer un rôle considérable pendant les guerres de l'Empire. N'oublions pas deux critères essentiels qui vont dans ce sens. Tout d'abord l'Empereur est lui-même un artilleur de formation. D'autre part, l'artillerie française de la fin du XVIIIème siècle est la plus efficace et la plus manoeuvrière d'Europe, grâce aux réformes de Gribauval.

A la limite de la vis de pointage, c'est le seul système de visée qui existe, la portée peut atteindre de 1200 à 1800 mètres selon le projectile. L'obustier tire entre 700 mètres et 1200 mètres un boulet sphérique dont les éclats sont dangereux dans un rayon d'une vingtaine de mètres. Les boulets sont légèrement inférieurs à l'âme du canon (de deux millimètres environ), c'est ce que l'on appelle le vent du boulet. Plus il est faible, plus la portée est précise.

L'organisation de l'artillerie

L'artillerie régimentaire

Au début du XIXème siècle, cette formation esy en voie de disparition. Seules quelques rares nations l'emploient encore en 1800, et plus personne en 1815. Elle consiste à doter les régiments d'infanterie d'un ou deux canons de petit calibre afin de leur conférer un surplus de puissance de feu. Les problèmes d'harmonisation des manoeuvres entre des armes très différentes, et surtout la prise de conscience de ce que l'artillerie utilisée en masse est bien plus payante conduisent à son abandon.

La batterie

C'est l'unité de base pour la manoeuvre. Elle est souvent appelée compagnie d'artillerie et correspond d'ailleurs administrativement à son équivalent de l'infanterie. Elle comprend, selon le pays et l'époque, de quatre à douze pièces parmi lesquelles on peut souvent trouver un ou deux obusiers.

Les batteries sont généralement attachées à des formations au moins du niveau de la brigade, souvent il existe une batterie de réserve divisionnaire, la plupart du temps d'un calibre supérieur, et le corps d'armée à toujours, en théorie, son parc de réserve. Il est fréquent que sur un champ de bataille, plusieurs batteries soient réunies pour constituer une grande batterie dont la puissance de feu fera la décision en un lieu ou moment critique.

Le bataillon d'artillerie

Ce n'est qu'une entité administrative n'ayant aucune application sur le terrain. Il peut comprendre de deux à plusieurs compagnies.

Le régiment d'artillerie

Lui aussi n'est qu'une entité administrative pouvant regrouper plusieurs bataillons.

Les différents types d'artillerie

L'artillerie à pied

Elle est appelée ainsi parce que les artilleurs qui la servent se déplacent à pied, les canons étant tirés par des chevaux de traits voire des boeufs ou autres. Elle comprend tous les calibres existants à l'époque, et l'on trouve des batteries à pied de 3 livres, 4 livres, 6 livres, 8 livres, 9 livres et 12 livres, selon les pays et les périodes, le dernier calibre constituant l'artillerie lourde ou de position, et les autres, la légère. Les calibres supérieurs ne sont plus utilisés en campagne et servent soit d'artillerie de forteresse, soit d'artillerie de siège.

L'artillerie à cheval

Appelée aussi artillerie volante, ses servants se déplacent à cheval, ou quelquefois montés directement sur les trains ou caissons. Elle est constituée des calibres les plus faibles, 3 livres jusqu'à 6 livres inclus. Son grand avantage est la mobilité, et elle intervient rapidement là où la situation l'exige. Les batteries d'artillerie à cheval sont généralement attachées soit aux divisions de cavalerie, soit à la réserve des divisions et corps d'infanterie.

L'artillerie de la Garde Impériale

Certains pays ont complété l'organisation de leur garde par l'adjonction de batteries d'artillerie à pieds et/ou à cheval formées avec l'élite de cette arme d'élite, et bénéficiant généralement de matériels de qualité supérieure.

Les formations d'artillerie

En batterie

L'artillerie, évidemment ne connaît qu'une seule formation de combat, à savoir, en batterie, c'est à dire les canons déployés en ligne face à l'objectif.

Déplacements

Pour se déplacer, la batterie d'artillerie peut être attelée, c'est à dire tirée normalement par les bêtes de trait, les avant-trains étant mis en place. Elle peut aussi pour effectuer de rapides changements de position être déplacée à la prolonge, c'est à dire par les bêtes de trait, mais sans l'attelage complet. Elle peut enfin, pour de petits changements de position ou de direction être tirée à la bricole, c'est à dire par les servants attelés à leur pièce au moyen de courroies et de cordes.

Le service des pièces

On ne peut évoquer l'utilisation de l'artillerie sans évoquer l'approvisionnement en munitions. En effet, les pièces circulent avec peu ou pas de munitions, et lors d'une bataille, un flot régulier de pourvoyeurs est indispensable. Pour des raisons évidentes de commodités les caissons à munitions ne peuvent être éloignés des pièces et c'est l'ensemble bouches à feu plus caissons que l'on doit considérer lorsque l'on parle d'une batterie d'artillerie sur le champ de bataille. Chaque pièce est fournie en boulets par un caisson à la fois, qui une fois vide repart vers l'arrière de la ligne de feu rejoindre le parc d'artillerie d'où part un second caisson qui le relaye et ainsi de suite jusqu'à épuisement de la bataille ... ou des munitions, c'est arrivé plusieurs fois.